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Des comités pour veiller au bien de mon entreprise?
Dans ma pratique d’accompagnement des entrepreneurs dans la planification du transfert de leur entreprise, je constate un intérêt grandissant pour les questions de gouvernance.
On parle généralement de gouvernance dans les grandes entreprises, mais même pour une PME, il est tout à fait approprié d’emprunter des structures qui
existent dans la grande entreprise. Particulièrement dans l’entreprise familiale qui, elle, possède un système de plus, celui de la famille qui peut apporter son lot
d’ambiguïtés et d’émotions.
Qu’entendons-nous au juste par gouvernance?
La gouvernance constitue l’ensemble de structures (par exemple conseil d’administration, comité de gestion, conseil de famille) qui permettent un certain contrôle et
une saine gestion de l’entreprise. Ces structures possèdent leurs règlements et un processus qui leur est propre; elles influencent donc la manière dont l’entreprise
est dirigée et contrôlée. La gouvernance, c’est la liaison entre les principaux acteurs impliqués : les actionnaires, le personnel qui dirige l’entreprise
et la famille en affaires dans les cas d’entreprises familiales. Dans un sens élargi, ça signifie aussi la liaison entre les dirigeants et d’autres acteurs comme les
employés, les prêteurs, des conseillers externes, les fournisseurs et dans certains cas des clients.
Ces structures de gouvernance peuvent porter différents noms. On retrouve tout d’abord le principal comité de l’entreprise : le conseil d’administration. En appui
au conseil d’administration peuvent se greffer les comités suivants : comité de gestion, comité consultatif, comité de production, comité des ressources
humaines, comité de recherche et développement, conseil de famille, conseil de famille élargie, etc.
Les structures de gouvernance
Au cours des prochaines chroniques, nous allons explorer quelques-unes de ces structures que nous rangerons sous les trois catégories plus bas. L’objectif
de cette exploration consiste à vous faire connaître les caractéristiques de ces comités ou conseils afin que vous déterminiez la formule qui vous convient.
Il n’existe pas de structure idéale, mais plutôt celle qui convient aux forces et aux faiblesses de votre entreprise, ainsi qu’aux menaces et opportunités auxquelles
elle fait face.
Pour nous comprendre, rappelons-nous qu’une entreprise comporte deux systèmes importants : l’entreprise en tant que telle et la propriété ou l’actionnariat.
L’entreprise familiale, quant à elle, possède un troisième système : la famille. Chacun de ces systèmes doit permettre une circulation de l’information
essentielle à sa réussite et à sa survie.
- Le système Entreprise
- Le système Propriété ou actionnariat
- Le système Famille
Explorons aujourd’hui les conseils ou comités dédiés aux questions du système Entreprise.
1. Le système Entreprise
Précisons en commençant que les responsabilités juridiques des différentes structures de gouvernance ne seront pas traitées dans le cadre de cette chronique
et des prochaines chroniques. Précisons aussi qu’une entreprise n’a pas nécessairement besoin de tous les conseils ou comités nommés ici. Il s’agit
d’identifier les instances qui sont nécessaires à la croissance et à la performance de votre entreprise unique.
Le conseil d’administration (CA) est le pivot de tous ces comités. Il est formé d’actionnaires que l’on nomme administrateurs. Cependant,
dans certains CA, l’on
retrouve des administrateurs qui ne sont pas nécessairement actionnaires (par exemple dans le cas d’un CA élargi). Dans les PME, le président du CA porte souvent deux
chapeaux – celui d’administrateur du CA, mais aussi celui de dirigeant de l’entreprise en étant le président de l’entreprise – contrairement aux membres
des deux comités nommés ci-après.
Il est important de souligner ici que les tâches et responsabilités des administrateurs sont différentes de celles des dirigeants de l’entreprise. En effet, les administrateurs
ne sont pas impliqués concrètement dans la gestion de l’entreprise au quotidien. Ils oeuvrent plutôt à un niveau stratégique en réfléchissant
et en décidant des orientations futures de l’organisation. Les dirigeants, eux, sont tout à fait dans le feu de l’action en implantant les stratégies décidées
par le CA et, ultimement, en faisant rapport au CA de l’évolution et de l’accomplissement des objectifs découlant des stratégies. Et cette distinction peut cependant
se vivre sous forme de confusion dans les entreprises familiales puisque bien souvent, les actionnaires ou administrateurs sont aussi les dirigeants de l’entreprise. D’où l’avantage
certain d’accueillir des membres externes permettant ainsi au CA de prendre des décisions plus objectives et moins basées sur des biais personnels – biais qui peuvent être
bien inconscients.
Le Comité de gestion représente une excellente vitrine pour familiariser la relève à la gestion de l’entreprise et à la prise de décision. Par
l’observation directe, la relève prend conscience des enjeux importants pour l’entreprise et peut poser des questions d’éclaircissement. Tout comme dans le cadre
d’un transfert, la relève se familiarise lentement à ce qu’est la prise de décision. Il est donc important de clarifier le rôle de la relève qui
y siège, par exemple, bien distinguer le rôle de transmetteur d’informations pertinentes provenant de son secteur d’activités (ventes ou production par exemple)
de celui de décideur. Celui-ci transmet l’information et assiste à la prise de décision que feront les actionnaires avec l’information transmise. Les membres
d’un tel comité ne possèdent qu’un seul pouvoir – celui de recommandation.
Certains entrepreneurs décident de mettre plutôt sur pied un Comité consultatif – ce que des entrepreneurs appellent un conseil d’administration élargi.
Certains croient qu’il est plus facile d’attirer des administrateurs sans la crainte de poursuites judiciaires – les membres d’un tel comité n’ayant aucune
responsabilité légale relativement aux décisions prises par l’entreprise suite à ses recommandations. Certains entrepreneurs peuvent aussi craindre d’incorporer
des administrateurs externes : "Ils sauront tout de mon entreprise – son endettement, ses faiblesses. J’ai peur de perdre le contrôle. Je devrai rendre des comptes".
Pour d’autres, c’est une opportunité extraordinaire de briser l’isolement, d’être challengé et de rencontrer quelqu’un de confiance avec qui échanger
sur les préoccupations et les défis de l’entreprise; de plus, cette personne externe peut faciliter la prise de décision en situation de conflits entre les actionnaires.
Quoi qu’il en soit, le comité consultatif devrait être complémentaire au conseil d’administration parce qu’il n’a aucun pouvoir ni autorité.
Au cours des prochaines chroniques, il sera intéressant de voir comment les informations et les décisions générées dans chacun des systèmes de l’entreprise
influencent les autres systèmes, particulièrement les systèmes famille et entreprise. Au fil des ans se sont greffés autour de SynerAction Management des experts en
gestion de la relève dont un en gouvernance d’entreprises. N’hésitez pas à me faire parvenir vos questions ou préoccupations pour recevoir un éclairage à ce
sujet.
Bonnes réflexions! |
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